L'instinct sur la plupart des projets d'automatisation est de commencer par le robot : quelle marque, combien d'axes, quelle charge. Cela ressemble a un progres. C'est generalement la derniere chose a decider, et commencer la, c'est ainsi que de bons budgets se transforment en cellules a l'arret. Le robot est l'un des choix les moins decisifs de tout le projet. Ce qui decide du resultat, c'est la piece, la tache, l'outillage qui touche la piece, et l'integration autour.
D'un projet a l'autre, les echecs se regroupent aux memes endroits. Aucun ne concerne le bras.
Les cinq endroits ou meurent les projets
- La pensee robot d'abord. Les equipes surestiment la marque du robot alors que la presentation de la piece et l'effecteur decident de tout. La pince ou l'outil est l'endroit ou la tache se produit physiquement, et c'est souvent la partie la plus difficile et la plus sur mesure de la cellule.
- La variabilite sous-estimee. Toutes les pieces sont identiques est rarement vrai, et ce sont les exceptions qui cassent la cellule. Une piece bien fixturee et une piece deversee au hasard dans un bac sont des projets differents, souvent plusieurs fois plus chers.
- L'economie zappee. Beaucoup de taches sont techniquement faisables mais jamais justifiees. Automatiser ce qu'un humain fait bien et a bas cout est la premiere source de deceptions en automatisation.
- Repetabilite et exactitude confondues. Revenir au meme point appris n'est pas atteindre une position commandee dans l'espace absolu. Specifier l'une quand il fallait l'autre produit une correspondance erronee et couteuse.
- Besoins en boucle fermee decouverts tard. Une vision ou un retour d'effort trouve a mi-chemin, apres avoir cadre la cellule comme un trajet aveugle et repetable, fait exploser le budget. Boucle ouverte ou fermee doit etre tranche tot.
La correction honnete
La correction n'est pas un meilleur robot. C'est un processus a sens unique : caracteriser la piece, puis la tache, puis les exigences, statuer honnetement sur la faisabilite, concevoir la cellule, et choisir le robot vers la fin. La chose la plus precieuse que ce processus puisse dire est parfois non. Cette piece est difficile a presenter et demande sans doute un effecteur sur mesure et une vraie discussion avec un integrateur, pas une correspondance toute prete. Un systeme qui renvoie toujours une reponse assuree finit par ne plus etre cru.
C'est la methode que suit Robtn, et c'est pourquoi un rejet de faisabilite n'est pas une impasse. C'est la reponse la plus utile qui soit : un signal clair de ce qui reste manuel, de ce qui demande un humain, et de la ou se trouve le vrai travail d'ingenierie.